Recherches, essais et incubations

 


Photo de Llamaryon 

 

 

LA NOÈSE ou DIRECTION ASSISTÉE (2017-2018)

 

Le projet de recherche fondamentale prend la forme d’une pratique tentaculaire faite de réflexions, de mouvements et de rencontres. Accompagné par différent-e-s artistes, je propose des laboratoires qui sont ponctués d’interventions d'autres collègues invité-e-s à enrichir les explorations, en confrontant ou en confortant les axes de recherche. Ce projet vise l'élaboration de diverses modalités de contrôle et de perte de contrôle dans le corps, dans le langage et au sein des rôles que l'on revêt en studio.   

 

Je me suis dit que j'allais appeler ce projet « La Noèse », mais je n'en suis plus certain. En plus de la ressemblance avec mon nom, et du fait qu'ils soient tous deux peu connus, ce mot signifie l'acte cérébral de la pensée. C'est en effet ce qui m'intéresse. En créant des contraintes ou en tendant des pièges au corps et à l'intellect je tenterai, avec mes collègues, de rendre la pensée visible et de provoquer des réflexions imprévisibles, émergeant des problèmes qu'on se sera créés. Un autre nom de projet serait « Direction assistée ». Si l’on extrapole l'idée de ce terme, qui s'applique à la mécanique automobile, nous pourrions imaginer une parole faite de virages et de demi-tours, de propos qui tourneraient en rond et en spirale ; histoire d'essayer d'épuiser la langue et les concepts qui se cachent derrière les mots pour voir ce qu’il en reste. Une autre idée, inspirée par ce titre, serait que chacun échafaude une courte chorégraphie pour ensuite donner le défi à l’un-e de nous d’interpréter plusieurs chorégraphies en même temps. Comment la tentative de réalisation des diverses propositions peut rendre apparent la négociation entre penser et faire ? J'en viens à me demander si une recherche a réellement besoin d'un titre, peut-être que je le fais pour des raisons administratives, ou peut-être bien que je suis obnubilé par le besoin de mettre des mots sur les choses, de procéder à la traduction originelle : de la pensée à la langue. Mon incapacité à saisir et à dire tout ce qui se passe en moi et autour de moi m’obsède. En favorisant des situations de perte de contrôle et de déstabilisation, j'invite mes collègues à découvrir avec moi des concepts inattendus et à déjouer le pouvoir qui est intrinsèque à la langue. 

 

Ce projet de recherche, soutenu par la Conseil des Arts du Canada, s'est amorcé grâce à ma participation à l'Atelier de recherche chorégraphique 2017 de Montréal Danse. La suite de la recherche s'étend sur six semaines à travers trois résidences en 2018 : à L'Agora de la danse et au studio 303 à Montréal et à L'Agora des Arts de Rouyn-Noranda, en collaboration avec l'Annexe-A. 

 

 

PASTÈQUE (2016)

 

À l'été 2016, la recherche a émergé grâce au BrokeLab, une compagnie de danseurs qui proposent à des chorégraphes d'explorer en studio. Avec Roxanne Duchesne-Roy et Susan Paulson, j'ai développé un schéma de pas qui correspondaient à des syllabes composant un discours.

 

À l'automne, suite à une invitation de présenter un travail en processus à l'événement Short&Sweet, j'ai repris cette recherche en solo, en jouant sur l'explicitation du schéma de pas (description et comptes) et sur la déconstruction de la parole par répétition et accélération de la séquence. J'ai cherché à créer un mécanisme de mouvement qui produise sa propre musique, par le rythme des mots évoquant le parcours, et qui se détruise par incapacité à coordonner tous les éléments : musicalité, voix, pas. 

 

 

EN BRASSÉE (2016)

 

Ce travail en solo a pris forme dans le cadre de Dramaspace, une plateforme de recherche proposée par Lynda Gaudreau et Tangente au printemps 2016. Le travail s'est articulé autour de différentes archives audio de Roland Barthes et de ses livres Les fragments d'un discours amoureux et Les systèmes de la mode. 

 

Un condensé de 6 minutes de cette recherche en solo a été présenté à l'événement La Petite Scène, diffusé par La Rotonde, centre chorégraphique contemporain de Québec. Voici ce que j'avais écrit à cette occasion : 

 

"Je cherche à transmettre des propos sensés et à incarner, au même moment, des mouvements signifiants. Les propos sont des paroles de Roland Barthes qui me permettent de parler du langage et de son rapport à la mort, à l'amour et au pouvoir. Plongé dans ses discours, je cherche des rapports entre corps et pensée, actions et affirmations. Histoire de sortir la tête de l'eau (de l'océan des mots), j'explore aussi la question saugrenue qui consiste à savoir si je peux vivre sans le langage pour essayer de contredire Roland Barthes, qui affirmait que le seul événement qui nous sort du langage c'est la mort."

 


Photo de Sylvain Verstritcht

 

 

ÉLABORONS ! (2013)

 

Grâce au soutien du Conseil des Arts du Canada, j'ai échafaudé un projet de recherche fondamentale structuré en huit laboratoires qui visaient à rencontrer différents danseurs sur l'exploration de la parole, de la pensée et du mouvement. Ce projet s'est déroulé à Montréal, à Québec et dans les Laurentides, en résidence à Circuit Est, à La Rotonde, au studio Stable, à l'Espace Marie Chouinard et à Lézart Loco. 

 

À travers ce projet, j'ai rencontré Sioned Watkins, Ève Rousseau-Cyr, Isabelle Gagnon, Fabien Piché, Amélie Rajotte, Noémie Godin-Vigneau, Catherine Tardif et Karina Iraola.