À propos de Brice Noeser

 

''Sa danse est absurde, théâtrale, et son langage chorégraphique ne ressemble à celui de personne. Brice Noeser est l’un des artistes les plus rafraîchissants de la scène contemporaine, un électron libre captivant." Catherine Genest, Voir, 2016

 

 

PROPOS 

  

"Le langage, la langue, les mots sont au centre de ma démarche. Le langage, au sens large, est pour moi un médium incluant pensées, mots, sons, signes, gestes que j’emploie comme des instruments du corps, des éléments détournés, triturés, recalibrés avec lesquels je cherche à fabriquer du sens. Si je me dis chorégraphe, c’est parce que je coordonne les paroles du corps et que je règle des mécanismes gestuels générateurs d’une forme de discours, d’une forme de danse imaginée, décrite, incarnée en dimensions variables. Finement orchestrée, cette danse se déploie principalement par la tête, les bras, les mains et les pieds, sphère périphérique du corps concernée par le langage.

 

En jouant avec des matières verbales et non verbales, des cristaux de sens émergent, des mouvements se nouent et se dénouent, presque par surprise. Comme des pièges tendus au corps et à l’intellect, des jeux d’association et de dissociation sont composés ; des contraintes sont utilisées comme moteurs d’un dialogue ininterrompu entre la pensée et le faire. Comment penser si toutes les capacités intellectuelles sont accaparées par le mouvement ? Que devient le corps si toute la concentration est mobilisée par un calcul mental ? Élaborant des mondes paramétrés, régis par des règles qui détraquent les comportements ou les modes d’expression, j’imagine différentes formes de rencontres avec un public, j’invite le spectateur à être un témoin, dans un dialogue en temps réel. J’échafaude un univers, comme au cinéma, où l’expérience, falsifiée et réaliste, me fait sentir à la fois caméra et acteur.''



Sur la photo : Brice Noeser ; derrière l'objectif : Llamaryon

 

PARCOURS 

 

Venu de France il y a 16 ans, c’est d’abord à Québec, à l'issue de sa formation de L'École de danse de Québec, que Brice a commencé à danser et à chorégraphier. En tant que danseur, il a principalement collaboré aux projets de Harold Rhéaume, Karine Ledoyen, Alan Lake, Estelle Clareton, Danièle Desnoyers ainsi que de la compagnie Montréal Danse. En 2006, c’est à Danses Buissonnières à Tangente (Montréal) ainsi qu’à l’événement CorresponDanses à La Rotonde (Québec) que Brice présente son solo Mandragore. Dès lors, il découvre une esthétique gestuelle qui prend sens dans son corps et qu’il va développer sous formes d’ateliers donnés aux danseurs professionnels. Brice approfondit ensuite ces principes gestuelles en les transmettant à Isabelle Gagnon pour aboutir à la création du duo Brutus et Sabulle. Grâce aux soutiens du CALQ et de Première Ovation (de la ville de Québec), ses créations se promènent sur diverses scènes via les festivals OFFTA, Vue sur la Relève, Transatlantique ainsi que sur la scène du théâtre Gas Station Theater de Winnipeg, et dans 9 théâtres des Maisons de la Culture de Montréal. Puis, il est ré-invité à La Rotonde et à Tangente en 2009 pour le programme double Farfadet's Last Round, qui comprend un duo créé par la chorégraphe torontoise Sharon Moore.

 

Entre 2008 et 2012, il répond à des commandes chorégraphiques de Mandala Situ, pour Bijoux, présenté L'Agora de la danse ; des Finissants 2011 de L'École de danse de Québec pour L'importance du Biceps lors de la lecture au théâtre de La Bordée ; ainsi que de Sonia Montminy et Arielle Warnke-Saint-Pierre pour Les bipèdes songeurs aMusée de la Civilisation. Ces commandes lui permettent d’évoluer dans son travail gestuel tout en explorant la parole, l’humour décalé et la notion du jeu qui contraint la pensée ou le mouvement. En 2012, le Conseil des Arts du Canada lui offre un soutien en recherche fondamentale pour son projet sur les liens entre paroles, pensées et mouvements. Brice poursuit cette étude chorégraphique grâce à un programme offert par Circuit Est, combinant résidence et mentorat avec Catherine Tardif. Au cours de cette résidence, il s'intéresse aux diverses modes de représentations de la danse : décrite, incarnée, visualisée, suggérée, transposée. En 2013, Mylène Robillard, de la Maison de la Culture Notre-Dame-de-Grâce, lui octroie une résidence qui se solde par la présentation de Barbarellus, un solo qu’il présentera ensuite à la soirée Émegences chorégraphiques présentée par La Rotonde. 

 

À l’été 2014, l’instance fédérale le subventionne à nouveau pour la production d’un duo avec Karina Iraola, qui deviendra Ruminant Ruminant. À travers cet objet dansant non identifié, il approfondit son travail sur la construction du sens, sur l’acte de représentation scénique et sur des références cinématographiques. Cette création a rencontré les publics de diffuseurs tels que Tangente, La Rotonde, le OFFTA et ceux du réseau de l'Alliance française pour une tournée à Tlaxcala, Puebla et Mexico. Au printemps 2016, Brice est invité par Lynda Gaudreau à prendre part à Studio Libre, une plateforme de recherche qui lui permet d'amorcer le processus du solo En Brassée, une recherche autour de paroles de Roland Barthes sur le langage et son rapport au pouvoir, à la mort et à l'amour. 

 


    Sur la photo : Karina Iraola, un ruminant et Brice Noeser